Conscience Éducation · Le blog
Par Hina Dao · · Lecture 6 min
On vous l'a répété mille fois, ce conseil : « Restez calme quand votre enfant est en crise. » Et honnêtement ? Il m'a longtemps agacée. Parce qu'on vous dit quoi faire sans jamais vous expliquer pourquoi ça marche. Comme si « rester calme » était un bouton qu'il suffisait d'appuyer. (Si seulement…) La réponse tient pourtant dans un seul mot, et c'est celui qui a tout changé dans ma façon de voir les crises : la co-régulation émotionnelle enfant. En clair, le mécanisme par lequel votre enfant emprunte votre calme pour retrouver le sien. Et à mes yeux, c'est le geste le plus puissant de toute la parentalité. Rien de moins.
Commençons par un fait, pas par une opinion : un jeune enfant n'a tout simplement pas encore le cerveau pour se calmer tout seul. La zone qui gère les émotions fortes — appelons-la le frein intérieur — ne finit de mûrir que vers 25 ans. Vous avez bien lu. Vingt-cinq. Alors quand votre enfant est submergé, il ne choisit pas de ne pas se calmer. Il en est neurologiquement incapable sur le moment. Ce n'est pas du caprice, ce n'est pas contre vous. C'est de la biologie.
La co-régulation, disons que c'est lui prêter votre système nerveux le temps qu'il récupère le sien. Votre respiration lente, votre voix basse, vos épaules qui redescendent… tout ça envoie un signal à son cerveau : « le danger est passé, tu peux redescendre toi aussi ». Il ne comprend pas vos mots — il lit votre état. Comme un thermomètre lit la température de la pièce. C'est biologique, pas éducatif. Et croyez-moi, ça change tout de le savoir.
Parce que — soyons honnêtes deux secondes — on ne le dit à peu près jamais calmement. On le crie. Mâchoire serrée, à bout de nerfs, à deux doigts d'exploser nous-mêmes. Et l'enfant, lui, ne reçoit pas la consigne : il reçoit votre tension. Deux systèmes nerveux en alerte ne s'apaisent pas l'un l'autre, ils s'enflamment. Voilà pourquoi la scène monte en spirale : votre stress nourrit le sien, qui nourrit le vôtre, et ainsi de suite jusqu'au clash.
Et c'est exactement là que se joue, selon moi, la parentalité consciente : avant de vouloir réguler votre enfant, vous vous régulez, vous. Non pas parce que vous seriez fautif — arrêtons avec la culpabilité, il y en a déjà bien assez — mais parce que, sur l'instant, vous êtes tout simplement le seul des deux à en avoir la capacité. Ça paraît injuste, me direz-vous ?! Un peu, oui. Mais c'est comme ça que c'est câblé.
Je vous préviens, il n'y a rien de spectaculaire là-dedans. Pas de méthode révolutionnaire, pas de formule magique. Juste trois gestes que j'essaie moi-même de tenir, jour après jour (et je suis loin d'y arriver à tous les coups, rassurez-vous, je suis une maman comme vous) :
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Recevoir les 9 cours gratuits →Et là, la vraie bonne nouvelle — celle qui m'a réconciliée avec les crises : ce que vous faites pour lui aujourd'hui, il apprend à le faire seul demain. Un enfant régulé des centaines de fois par un adulte calme finit par intégrer le mode d'emploi. Votre calme n'est pas de la faiblesse, loin de là. C'est le modèle qu'il téléchargera pour toute sa vie d'adulte. On ne transmet pas le contrôle de soi par des sermons, croyez-moi. On le transmet par contagion. Tout est là.
Et les jours où vous n'y arrivez pas — parce qu'il y en aura, forcément, et chez moi aussi — rien n'est perdu. Un parent qui craque, se reprend et revient enseigne quelque chose d'aussi précieux, peut-être même de plus précieux : qu'on peut perdre pied et retrouver l'équilibre. Que l'erreur n'est pas la fin du monde. Vous n'êtes pas seule là-dedans, je vous le promets. Pour aller plus loin, je vous suggère d'aller jeter un œil au guide complet de la parentalité consciente ;)
Pour continuer à explorer et accompagner votre enfant.
Qui écrit ?
Je suis Hina Dao, mère, autrice de Le Monsieur dans le Couloir (avant-propos critique de Jérémy, ingénieur dans l’industrie nucléaire). J'accompagne plus de 300 familles et je partage la parentalité consciente avec une communauté de plus de 110 000 parents. J'écris à partir de ce que j'ai vécu.
Quand consulter
Des nuits qui ne s’arrangent pas, des angoisses qui prennent toute la place, un enfant qui vous dit entendre des voix, ou simplement une inquiétude qui vous suit : parlez-en d’abord à un professionnel de santé — votre médecin, un pédiatre, un psychologue. Ce que vous lisez ici ne remplace ni un avis ni un diagnostic. Et les deux ne s’opposent pas : on peut faire examiner ce qui doit l’être et continuer d’écouter ce que votre enfant décrit.
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