Conscience Éducation · Le blog
Par Hina Dao · · Lecture 6 min
On m'a longtemps vendu l'idée qu'il fallait choisir un camp. Soit l'autorité — et les cris, la porte qui claque, le regard noir. Soit la bienveillance — et le laisser-faire, l'enfant-roi, le parent qui s'excuse d'exister. Deux tribus qui se regardent en chiens de faïence, chacune persuadée que l'autre élève des monstres. Et moi, au milieu, à me demander pourquoi je devrais renoncer à l'un pour avoir l'autre. Eh bien non. Je vais être cash : c'est une fausse alternative. Poser des limites sans crier, ce n'est pas un numéro d'équilibriste entre deux extrêmes — c'est comprendre que le cadre et la connexion ne s'opposent pas, ils se tiennent la main. Votre enfant a besoin des deux pour se sentir en sécurité. Croyez-moi, je l'apprends encore, en même temps que vous.
Prenez un enfant à qui l'on ne dit jamais « stop ». On le croit libre. À mes yeux, c'est tout l'inverse : c'est un enfant inquiet, qui pousse, qui teste, qui cherche le mur… jusqu'à finir par le trouver. Parce que le mur, quelque part, il le réclame. Imaginez que vous marchiez dans le noir complet, sans savoir où est le bord du gouffre. Angoissant, non ? Une limite, c'est exactement ça : la rambarde qui vous dit « appuie-toi, je tiens ». Quand je pose un cadre à ma fille, je ne lui dis pas « tais-toi ». Je lui dis « je suis là, et je ne vais pas céder, tu peux te reposer sur moi ». La fermeté, ce n'est pas de la dureté. C'est une forme de présence. Nuance de taille, selon moi.
Soyons honnêtes deux minutes. On ne crie jamais à la première demande. La première fois, on est zen, on articule joliment, on est presque fier de soi. C'est à la cinquième qu'on explose. À la cinquième, quand on se sent impuissant, débordé, à bout. Et là, il faut oser se le dire : le cri, ce n'est pas de l'autorité. C'est de l'autorité qui a déraillé, emportée par NOTRE propre tension à nous. Pas par la désobéissance de l'enfant.
« Mais alors c'est ma faute, me direz-vous ?! » Hé bien non, rassurez-vous. Ce n'est pas une question de faute, c'est une question de réservoir. Un adulte à sec crie ; un adulte régulé pose la même limite d'une voix posée. C'est pour ça qu'à mes yeux, la parentalité consciente commence toujours par le parent, jamais par l'enfant. Pas par une nouvelle méthode miracle, pas par une technique de dressage. Par vous. Par votre état intérieur au moment où vous ouvrez la bouche.
Assez de théorie, venons-en au concret. Voici les quatre appuis sur lesquels je reviens sans cesse — et non, ce n'est pas une baguette magique, c'est de l'entraînement (Attention, je suis loin d'être un exemple parfait, il m'arrive encore de tout rater dans l'ordre !) :
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Recevoir les 9 cours gratuits →Alors soyons claires, parce que je déteste les guides qui vous vendent le parent parfait : ça arrivera. Vous crierez. Un jour de fatigue, de rendez-vous raté, de trop-plein, ça débordera. Et honnêtement ? Ce n'est pas grave. Ce qui compte, ce n'est pas d'être irréprochable — personne ne l'est, surtout pas moi. Ce qui compte, c'est la réparation. Ce moment, après, où vous revenez et vous dites : « Je me suis emportée. Je suis désolée. Ce n'était pas contre toi. » Là, vous venez de lui offrir la plus belle leçon possible : on peut se tromper, et on peut revenir. On peut être humain devant son enfant sans que le lien casse. C'est même, selon moi, ce vers quoi nous devons tendre — pas la perfection, la réparation.
Voilà. Ce billet est déjà bien assez dense, et il y aurait de quoi écrire dix articles rien que sur la régulation du parent — j'y reviendrai. En attendant, si vous voulez creuser, je vous suggère d'aller y jeter un œil : le guide complet de la parentalité consciente. Et surtout, faites-vous confiance. Vous n'êtes pas seule. ;)
Pour continuer à explorer et accompagner votre enfant.
Qui écrit ?
Je suis Hina Dao, mère, autrice de Le Monsieur dans le Couloir (avant-propos critique de Jérémy, ingénieur dans l’industrie nucléaire). J'accompagne plus de 300 familles et je partage la parentalité consciente avec une communauté de plus de 110 000 parents. J'écris à partir de ce que j'ai vécu.
Quand consulter
Des nuits qui ne s’arrangent pas, des angoisses qui prennent toute la place, un enfant qui vous dit entendre des voix, ou simplement une inquiétude qui vous suit : parlez-en d’abord à un professionnel de santé — votre médecin, un pédiatre, un psychologue. Ce que vous lisez ici ne remplace ni un avis ni un diagnostic. Et les deux ne s’opposent pas : on peut faire examiner ce qui doit l’être et continuer d’écouter ce que votre enfant décrit.
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